18/04/2014
11:34



EADS supprime des emplois et se delocalise.


La filiale de maintenance et de services ne se remet pas de la perte d’un important contrat en 2002.



EADS supprime des emplois et se delocalise.
Bordeaux C'EST FINI. Après « avoir examiné toutes les options industrielles envisageables » , la direction d'EADS a annoncé vendredi soir la fermeture du site de Mérignac ( Gironde) de la Sogerma, sa filiale dans la maintenance aéronautique civile et militaire. Mérignac abritait le siège social de l'entreprise et son principal atelier industriel. Cela signifie que 1 050 emplois sont supprimés. S'y ajoutent les 4 000 emplois qui disparaîtraient chez ses sous-traitants. Des propositions de reclassement chez Eurocopter et Airbus devraient être négociées.

L'annonce a fait l'effet d'une bombe auprès des salariés. Ils s'attendaient à un plan social sévère, pas à une mesure aussi radicale qu'une fermeture pure et simple. En revanche, prévoyant le pire, Alain Rousset, président du conseil régional, avait écrit le matin même une lettre à Noël Forgeard, coprésident d'EADS, pour « proposer la mise en place d'un vrai projet industriel... contribuant au développement d'un pôle de compétences militaires » . Alain Rousset est d'autant plus furieux que les collectivités locales ont cofinancé en 2002 un hangar destiné à la maintenance des gros porteurs. Elles pourraient demander des comptes à EADS. Sogerma, qui emploie 4 000 salariés, est la seule branche déficitaire d'EADS : elle a perdu 39 millions d'euros en 2004, puis 237 millions en 2005. La maison mère enregistrait une hausse de 8 % de son chiffre d'affaires 2005 (34,2 milliards d'euros) et un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros, en progression de 38 %. Ces chiffres ont accentué le sentiment d'injustice ressenti par les salariés.
Mauvaise estimation des coûts
La descente aux enfers de Sogerma s'est accentuée en 2002 quand le ministère de la Défense lui a préféré le groupe portugais Ogma pour l'entretien des avions de transport C 130 de l'armée de l'air. La perte de ce marché a déclenché un premier plan social de 322 emplois à Mérignac. Concernant les commandes civiles, notamment la maintenance d'Airbus, l'entreprise s'est trouvée en concurrence directe avec les pays à bas coût de main- d'oeuvre, et sa compétitivité a fondu au rythme de la baisse du dollar. EADS a ainsi décentralisé la maintenance des A 320 sur son site de Monastir, en Tunisie, Mérignac gardant provisoirement les gros porteurs. Aujourd'hui, ils sont entretenus au Maroc, en Inde et au Mexique.
Obligé de trouver de nouveaux marchés, Yves Richard, le PDG de l'époque, a renforcé son bureau d'études, avec la création d'une petite société de haute technologie, Sogerma Drawings. Il a surtout parié sur la transformation d'Airbus A 330 et A 340 en palaces volants pour familles régnantes du MoyenOrient. Cette activité, théoriquement à forte valeur ajoutée, n'a pas tenu ses promesses à cause d'une mauvaise estimation des coûts. Résultats : les deux avions livrés au premier ministre et à l'émir du Qatar ont coûté 140 millions d'euros chacun, soit le double du chiffre d'affaires engendré par les deux appareils. Ce qui fait dire aujourd'hui à Alain Anziani, élu de Mérignac, que « les dirigeants d'EADS se sont trompés et on fait payer l'addition aux salariés » . En mars 2005, Yves Richard a été remplacé par Michel Freuchet qui est resté moins d'un an. Il a cédé la place à Anne-Marie Pérus le 1er janvier dernier. L'une de ses premières décisions a été la cession de Sogerma Drawings. C'était une première turbulence avant la tempête déclenchée ce week-end.

La filiale de maintenance et de services ne se remet pas de la perte d'un important contrat en 2002.
Le site de Mérignac est en concurrence directe avec les pays à bas coût de main-d'oeuvre et sa compétitivité a fondu au rythme de la baisse du dollar.
Bordeaux C'EST FINI. Après « avoir examiné toutes les options industrielles envisageables » , la direction d'EADS a annoncé vendredi soir la fermeture du site de Mérignac ( Gironde) de la Sogerma, sa filiale dans la maintenance aéronautique civile et militaire. Mérignac abritait le siège social de l'entreprise et son principal atelier industriel. Cela signifie que 1 050 emplois sont supprimés. S'y ajoutent les 4 000 emplois qui disparaîtraient chez ses sous-traitants. Des propositions de reclassement chez Eurocopter et Airbus devraient être négociées.
L'annonce a fait l'effet d'une bombe auprès des salariés. Ils s'attendaient à un plan social sévère, pas à une mesure aussi radicale qu'une fermeture pure et simple. En revanche, prévoyant le pire, Alain Rousset, président du conseil régional, avait écrit le matin même une lettre à Noël Forgeard, coprésident d'EADS, pour « proposer la mise en place d'un vrai projet industriel... contribuant au développement d'un pôle de compétences militaires » . Alain Rousset est d'autant plus furieux que les collectivités locales ont cofinancé en 2002 un hangar destiné à la maintenance des gros porteurs. Elles pourraient demander des comptes à EADS. Sogerma, qui emploie 4 000 salariés, est la seule branche déficitaire d'EADS : elle a perdu 39 millions d'euros en 2004, puis 237 millions en 2005. La maison mère enregistrait une hausse de 8 % de son chiffre d'affaires 2005 (34,2 milliards d'euros) et un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros, en progression de 38 %. Ces chiffres ont accentué le sentiment d'injustice ressenti par les salariés.
Mauvaise estimation des coûts
La descente aux enfers de Sogerma s'est accentuée en 2002 quand le ministère de la Défense lui a préféré le groupe portugais Ogma pour l'entretien des avions de transport C 130 de l'armée de l'air. La perte de ce marché a déclenché un premier plan social de 322 emplois à Mérignac. Concernant les commandes civiles, notamment la maintenance d'Airbus, l'entreprise s'est trouvée en concurrence directe avec les pays à bas coût de main- d'oeuvre, et sa compétitivité a fondu au rythme de la baisse du dollar. EADS a ainsi décentralisé la maintenance des A 320 sur son site de Monastir, en Tunisie, Mérignac gardant provisoirement les gros porteurs. Aujourd'hui, ils sont entretenus au Maroc, en Inde et au Mexique.
Obligé de trouver de nouveaux marchés, Yves Richard, le PDG de l'époque, a renforcé son bureau d'études, avec la création d'une petite société de haute technologie, Sogerma Drawings. Il a surtout parié sur la transformation d'Airbus A 330 et A 340 en palaces volants pour familles régnantes du MoyenOrient. Cette activité, théoriquement à forte valeur ajoutée, n'a pas tenu ses promesses à cause d'une mauvaise estimation des coûts. Résultats : les deux avions livrés au premier ministre et à l'émir du Qatar ont coûté 140 millions d'euros chacun, soit le double du chiffre d'affaires engendré par les deux appareils. Ce qui fait dire aujourd'hui à Alain Anziani, élu de Mérignac, que « les dirigeants d'EADS se sont trompés et on fait payer l'addition aux salariés » . En mars 2005, Yves Richard a été remplacé par Michel Freuchet qui est resté moins d'un an. Il a cédé la place à Anne-Marie Pérus le 1er janvier dernier. L'une de ses premières décisions a été la cession de Sogerma Drawings. C'était une première turbulence avant la tempête déclenchée ce week-end.

La filiale de maintenance et de services ne se remet pas de la perte d'un important contrat en 2002.






Le site de Mérignac est en concurrence directe avec les pays à bas coût de main-d'oeuvre et sa compétitivité a fondu au rythme de la baisse du dollar.
Bordeaux C'EST FINI. Après « avoir examiné toutes les options industrielles envisageables » , la direction d'EADS a annoncé vendredi soir la fermeture du site de Mérignac ( Gironde) de la Sogerma, sa filiale dans la maintenance aéronautique civile et militaire. Mérignac abritait le siège social de l'entreprise et son principal atelier industriel. Cela signifie que 1 050 emplois sont supprimés. S'y ajoutent les 4 000 emplois qui disparaîtraient chez ses sous-traitants. Des propositions de reclassement chez Eurocopter et Airbus devraient être négociées.
L'annonce a fait l'effet d'une bombe auprès des salariés. Ils s'attendaient à un plan social sévère, pas à une mesure aussi radicale qu'une fermeture pure et simple. En revanche, prévoyant le pire, Alain Rousset, président du conseil régional, avait écrit le matin même une lettre à Noël Forgeard, coprésident d'EADS, pour « proposer la mise en place d'un vrai projet industriel... contribuant au développement d'un pôle de compétences militaires » . Alain Rousset est d'autant plus furieux que les collectivités locales ont cofinancé en 2002 un hangar destiné à la maintenance des gros porteurs. Elles pourraient demander des comptes à EADS. Sogerma, qui emploie 4 000 salariés, est la seule branche déficitaire d'EADS : elle a perdu 39 millions d'euros en 2004, puis 237 millions en 2005. La maison mère enregistrait une hausse de 8 % de son chiffre d'affaires 2005 (34,2 milliards d'euros) et un bénéfice net de 1,6 milliard d'euros, en progression de 38 %. Ces chiffres ont accentué le sentiment d'injustice ressenti par les salariés.


Le Figaro
Mardi 16 Mai 2006


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