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Le Maroc disposé à collaborer pour développer le secteur aérien africain


Par MAP, le 15 Mai 2009



Signature d'un accord de libéralisation du transport aérien entre le Maroc et La Sierra Leone en 2008
Signature d'un accord de libéralisation du transport aérien entre le Maroc et La Sierra Leone en 2008
Le Maroc, fort de son expérience et de son savoir faire en matière de libéralisation du transport aérien, demeure disposé à les partager avec ses amis africains, a affirmé le ministre de l'Equipement et du Transport, Karim Ghellab.
Conscient que le Transport aérien constitue une composante fondamentale du développement économique et social, le Maroc a adopté, ces dernières années, une politique volontariste de libéralisation de ce secteur, a souligné M. Ghellab qui intervenait lors d'un séminaire organisé, vendredi à Essaouira, par son département et la Royal Air Maroc (RAM) sur l'évolution du transport aérien en Afrique.

Et le ministre de poursuivre que le Royaume a réussi sa politique de libéralisation du secteur et des résultats considérables ont été enregistrés tant sur le plan du trafic international des passagers, avec une croissance de 17% en 2007 par rapport à 2006, que sur celui des opérateurs aériens ou encore sur celui des investissements drainés par le secteur aérien.
Le nombre des compagnies desservant le Maroc a doublé durant ces quatre dernières années, passant de 22 en 2004 à 44 en 2008, et la politique de libéralisation a permis la création de trois nouvelles compagnies marocaines (Atlas Bleus, Jet4You et Air Arabia Maroc), alors qu'une quatrième compagnie "RAM Express", dédiée au transport domestique, verra le jour dès début juillet prochain, a-t-il fait remarquer.

Pour le ministre, cette diversité de l'offre s'avère bénéfique pour les passagers qui bénéficient désormais de services de qualité à des prix très avantageux et dans des conditions de sûreté et de sécurité conformes aux standards internationaux.
Le Maroc a conclu récemment des accords de libéralisation de transport aérien et établi des conventions de coopération technique dans le domaine des transports avec certains pays africains amis, a-t-il dit, soulignant que "cette expérience réussie pourrait être étendue à tous ceux de nos frères africains qui désirent adhérer à cette approche".
La RAM est également disposée à conclure des accords de coopération et d'alliances avec les compagnies africaines dans l'intérêt compris des deux parties, a-t-il encore ajouté.
Il a fait part, à cette occasion, de la ferme volonté du Royaume et surtout sa détermination "à collaborer de manière efficace pour faire du secteur aérien africain le catalyseur de la concrétisation des projets de développement du continent africain".

Mettant l'accent sur l'impact et les effets engendrés par la crise économique financière internationale et les facteurs qui handicapent le développement du transport aérien en Afrique, M. Ghellab s'est dit convaincu que le continent dispose de moyens et de potentialités pour bénéficier d'un transport aérien fiable et de qualité.
Pour y arriver, a-t-il estimé, il y a nécessité de constituer un front uni, par un haut niveau de coopération, tant bilatéral que régional, d'adopter une politique globale de développement de la coopération Sud-Sud et de mettre en place des cadres de partenariat dans le domaine du transport aérien africain.
Ce séminaire est une plate-forme d'échange et une occasion opportune pour débattre de l'impact de la crise financière et économique sur l'évolution du secteur aérien en Afrique et explorer les stratégies susceptibles d'être initiées par les compagnies aériennes africaines en vue de faire face à cette conjoncture difficile, a indiqué le ministre.

De son côté, le président directeur général de la RAM, M. Driss Benhima, a relevé que le secteur aérien est un facteur d'intégration et de développement du continent africain et un levier majeur de développement économique dans les échanges, notant que le processus de libéralisation est aujourd'hui irréversible du fait de la mondialisation des échanges.
L'exemple de l'Europe et des Etats Unis est éloquent à cet égard, a-t-il poursuivi, rappelant que le Maroc a été le premier pays à faire le choix de cette orientation libérale en signant l'accord Open Sky en 2005, ce qui a aidé la compagnie nationale à relever le défi de la compétitivité et de la mise à niveau.
Cette intégration, a-t-il expliqué, a été couronnée d'un véritable succès en créant une dynamique de croissance avec une progression à deux chiffres entre 2004 et 2007, faisant savoir que le trafic vers le Maroc a progressé de 19 pc par an et le nombre de fréquences hebdomadaires est passé de 560 à 991, soit 360 fréquences nouvelles par semaines, dont 228 par les LCC (Low Cost Country).

Le transport aérien africain ne représente que 4 pc de l'activité mondiale alors que le continent compte 850 millions d'habitants et que les liaisons intra-africaines demeurent faibles, alors que les gisements potentiels de croissance sont significatifs, a-t-il déploré, mettant l'accent sur "la nécessité d'intensifier les réseaux intérieurs et de multiplier ces liaisons, raison d'être du principe de Yamoussoukro".
"Seule une réelle avancée pourrait permettre à notre continent de faire du transport aérien un levier majeur d'accompagnement de sa stratégie de développement", a estimé M. Benhima, notant que "face à la crise porteuse de frilosité, et du fait des incertitudes que traverse l'industrie aujourd'hui, certains pays seraient tentés par un retour au système de protection, ce qui risque d'aggraver encore plus la durabilité du secteur".

Les autres interventions des responsables de plusieurs pays d'Afrique et d'experts internationaux, lors de ce séminaire marqué par la présence des ministres de transport du Ghana, du Burkina Faso, de la Guinée équatoriale et de la Guinée Conakry, ont notamment porté sur "l'impact de la crise économique et financière sur le processus mondial de libéralisation", "la situation du transport aérien en Afrique, état d'avancement du processus de Yamoussoukro" et "la nécessité de libéraliser le transport aérien en cette période de grands bouleversements structurels".

Ces thèmes ont été développés par M. Vellas François, universitaire, chercheur et expert des questions de l'aviation et du tourisme, M. Schlumberger Charles, principal expert de la politique de développement des infrastructures et du transport aérien et chef économiste à la Banque mondiale, et M. Kenvin Dobby de l'IATA (Association internationale du transport aérien).


Mots clés : afrique, open sky