AEROEXPO Marrakech 2010: Un succès annoncé


Par Frédéric LE HENAFF - Commissaire du Salon AEROEXPO 2010, le 27 Janvier 2010

Le Maroc accueille du 27 au 30 janvier 2010 à Marrakech, la seconde édition de l’AEROEXPO. Ce nouveau né dans l’événementiel aéronautique se veut être le prolongement du salon aéronautique français du Bourget.


AEROEXPO, est le tout premier salon professionnel de l'aéronautique au Maroc, dont la première édition a eu lieu en Janvier 2008 à Marrakech et qui se tiendra désormais tous les deux ans. L’objectif de la première édition était de valider à l’international la volonté de construction de cette plateforme aéronautique Nord africaine et de nombreux ambassadeur, notamment de France, des Etats-Unis, du Canada, d’Italie avaient fait le déplacement pour manifester leur soutien à cette démarche.

Lors de la seconde édition l’objectif clairement annoncé est de fédérer non plus un ensemble mais l’ensemble des industriels participant à la construction de cette fameuse plateforme. En 2008 Les professionnels du secteur ont eu l’occasion de découvrir pas moins de 200 exposants, et plusieurs contrats et conventions d’investissements ont été signés.

Profitant de l'essor que connaît l'industrie aéronautique au niveau mondial, le Maroc est en passe de créer un centre d'excellence dédié à ce secteur. Ce secteur de pointe, qui induit plusieurs autres activités, fait entrer le pays dans la mondialisation et l'inscrit dans la chaîne de la construction aéronautique internationale. Défini secteur prioritaire dans le Plan Emergence, l'aéronautique est un secteur en très forte croissance sur les trois dernières années, soulignons que le Maroc se positionne désormais comme une destination de choix. C’est une activité jeune et très dynamique, elle représente un chiffre d’affaires de 800 millions de dollars (6,4 milliards de DH) à l’export et 300 millions de dollars (2,4 milliards de DH) en investissement, (90 unités pour un emploi de 7500 personnes) Cet effectif qui était en 2000 de 1500 personnes seulement, employées par une dizaine d’entreprises, est passé en 2003 à 2500 salariés pour atteindre 5 000 dès 2006 et atteindra 11000 personnes en 2010.


L’activité couvre une large palette de métiers qui vont de la sous-traitance aux services, en passant par les études et l'ingénierie et la maintenance. Les avantages comparatifs du Royaume sont nombreux : une main d'oeuvre disponible, une position logistique optimale pour la production, une proximité culturelle et une protection de la propriété intellectuelle aéronautique. L'espace méditerranéen, l'adhésion du Maroc à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et son intégration au marché européen offrent des opportunités complémentaires pour développer des partenariats industriels et commerciaux entre les acteurs économiques des deux rives.

Aujourd'hui le Maroc est cité en exemple pour la réussite de sa politique pionnière de libéralisation du ciel et d'engagement irréversible dans des accords d'Open Sky avec les USA et l'UE. L'engouement suscité par le processus de déréglementation chez les compagnies aériennes les plus renommées à l'échelle internationale, a permis ainsi au Maroc de réaliser, depuis 2004, de très bonnes croissances annuelles du trafic (+20% en 2007, + 7% en 2008). Conséquence de cette explosion du trafic, plusieurs projets d’agrandissement et de réaménagement sont entrepris par l’Office National Des Aéroports (ONDA) dans les principaux aéroports du Royaume et dont le plus important est l’aménagement du terminal 2 de l’aéroport Mohammed V : ces travaux vont permettre de doubler la capacité de l’aéroport. Fer de lance de cette stratégie Royal Air Maroc a une flotte composée de 44 avions et transporte près de 6 millions de passagers par an. Elle dessert 35 pays et 67 destinations avec plus de 1200 vols hebdomadaires. Son hub de Casablanca, avec ses trois terminaux qui accueillent chaque année plus de passagers, s'est imposé comme la première plateforme aéroportuaire de l'Afrique de l'ouest. A travers ce hub, Royal Air Maroc assure la connexion des flux de trafic entre l'Afrique et l'Europe, le Moyen Orient et l'Amérique du nord.

Les efforts de modernisation que connaît le Royaume depuis dix ans font évoluer de manière rapide tout l’environnement économique et social, et la mutation du secteur aéronautique, prévisible depuis plusieurs années s’inscrit désormais dans la réalité : les grands chantiers (port de Tanger Med), les pôles de hautes technologies (Casanearshore, Technopolis à Rabat), l’aménagement urbain (Rabat, Casa, Tanger), les moyens de communication, etc, sont pour la plus part achevés ou en cours d’achèvement. Tous ces facteurs associés à une conjoncture économique mondiale mouvante ont rendu l’offre marocaine réellement attractive.


Le Maroc a réussi à développer en quelques années un pôle aéronautique, sur une superficie de 200 ha, autour de l'aéroport Mohammed V qui bénéficie d’une position stratégique facilitant le fret et permettant un gain de temps considérable, notamment pour les échanges avec les pays du nord de la Méditerranée. Parmi les entreprises pouvant être citées : Matis Aerospace spécialisée dans la fabrication de câbles de signalisation lumineux et auditifs, câbles de moteurs, détenue à parts égales entre Boeing, la compagnie Royal Air Maroc et Labinal. Mais également, Aircelle Maroc Calculs qui travaille dans la conception, le support en service et le support en production du groupe Safran.

Creuzet-Indraero de son côté, s’intéresse à la fabrication de composants mécaniques pour hélicoptères et moteurs d'avion. Sur l’axe Casablanca-Rabat et dans la zone franche de Tanger nous pouvons également noter la présence d’installations tels que Nexans Maroc qui devrait investir 110 millions de dirhams pour une production qui débutera en début d’année prochaine dans l’usine de Mohammedia. Autre implantation : Auvergne Aéronautique avec un investissement de près de 100 millions de dirhams et qui prévoit de créer quelques 400 emplois sur 4 ans.

L’anticipation du gouvernement face à l’évolution du secteur a permis au Maroc de structurer son pôle aéronautique et le plan d’émergence adopté permet aux investisseurs du secteur de bénéficier de nombreux avantages. L’allègement des procédures, de l’octroi de subventions du fond Hassan II et une exonération durant les cinq premières années sur l’IS, puis une réduction de 50% sur celui-ci durant les trois années suivantes ont déjà permis d’attirer plusieurs donneurs d’ordres de premier plan : EADS, Boeing, Safran.



D’autre part, la proximité géographique avec l’Europe fait du Maroc, un point stratégique au coeur de la zone de chalandise euro-africaine proche des principaux donneurs d’ordres et des sous-traitants. Le tissu industriel aéronautique local est maintenant capable d’effectuer des opérations de maintenance tant civiles que militaires en respectant les exigences «qualité» européennes et américaines.
Le nombre d’entreprise qui s’installe dans les aéro-pôles ne cesse d’augmenter et si le secteur n’est pas capable de former suffisamment d’ingénieurs et de technicien rapidement, il risque la pénurie, la formation au Maroc est par conséquent considérée comme l’élément clé de succès du développement aéronautique. A l'horizon 2010, le pays s’est donc fixé comme objectif de diplômer 10 000 ingénieurs par an, contre 4 300 aujourd’hui. Lancé fin décembre, ce plan implique 28 écoles marocaines publiques et une poignée d'institutions privée, tandis que les écoles d'ingénieurs nationales (Ecole Mohammedia et Université Al-Akhawayne) contribuent aux efforts pour développer la formation aéronautique. Afin de poursuivre son développement, le Maroc multiplie les actions et partenariats pour le développement d’un pôle formation spécialement dédié au secteur aéronautique. En projet, un « Institut de formation dédié aux Métiers de l'Aéronautique » (L’IMA) en partenariat avec le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) aura pour vocation de former les futurs salariés du secteur, conformément aux standards internationaux.

L’édition 2010 de l'Aéroexpo Marrakech arrive à grands pas, avec de nouveau pour ambition première de mettre en exergue l’industrie aéronautique, civile et militaire de la région et de profiter du dynamisme qui caractérise actuellement ce secteur aux niveaux national et international afin de consolider la position du Maroc au sein du développement aéronautique Africain.
Cette année, un large programme d’invitations de délégations africaines et de pays de la région méditerranéenne a été mis en place afin de faire de l’évènement AEROEXPO, une manifestation d’envergure internationale en lui conférant son statut de plateforme aéronautique africaine de rencontres et d’échanges.

Ainsi, dix huit délégations ministérielles africaines ont déjà confirmés leur présence sur l’évènement, à savoir : Le Congo - Brazzaville, le Liberia, le Togo, la Sierra Leone, le Ghana, le Burkina Faso, le Sénégal, le Cameroun, le Nigeria, le Niger, la Mauritanie, le Mali, la Guinée équatorial, le Gabon, la Cote d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Congo - Kinshasa.

L’intérêt grandissant de l’ensemble des pays industrialisés pour le développement africain et la coopération Nord-Sud et Sud-Sud ne font que renforcer l’attrait pour Aéroexpo, salon Marocain, perçu à l’international comme le Bourget Africain.
Mots clés : AeroExpo

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