Aéronautique Services Industries (ASI) inaugurée


Par Source: L'economiste, le 11 Novembre 2006


formage
Dernier-né dans l'industrie aéronautique au Maroc, Aéronautique Services Industries (ASI) inaugure officiellement sa nouvelle unité au pôle industriel de Nouaceur aujourd'hui. Des invités de marque pour l'occasion: Salaheddine Mezzouar, ministre du Commerce et de l'industrie; Guy Piras, DG industriel et achats chez Dassault Aviation; et Jean-François Thibault, ambassadeur de France au Maroc. L'unité a nécessité un investissement de 25 millions de dirhams. « Ce montant n'inclut pas le coût des bâtis (structure de formage, d'outillage et d'assemblage des pièces), qui sont fournis par le donneur d'ordre, et qui pourraient s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros» déclare à L'Economiste Mehdi Bencherki, PDG d'ASI.

L'assembleur, créé en 2005, est la première entreprise à capitaux 100% marocains dans le secteur. Il travaille exclusivement pour Dassault Aviation. Cependant il compte bien développer, à court terme, son portefeuille clients. Spécialisée dans l'assemblage d'éléments de structures pour aéronefs, ASI a réalisé un chiffre d'affaires de 25 millions de dirhams pour son premier exercice et intervient sur tous les types de Falcon. L'entreprise emploie pour l'heure 70 personnes. Un effectif qu'elle compte porter à 250 à court terme.
Les carnets de commandes sont pleins, et l'industrie aéronautique se porte bien. Considéré comme «plutôt modeste», le secteur de l'aéronautique connaît néanmoins une croissance certaine au Maroc.

La donne est en train de changer, d'autant plus que la flotte mondiale est appelée à doubler dans les vingt prochaines années. L'implantation des principaux donneurs d'ordre internationaux, notamment Snecma, Labinal, Matis, EADS, a permis de développer le marché marocain. Caractérisés par une forte présence française, la quasi-totalité des entreprises ayant un actionnariat français, ces donneurs d'ordre contribuent largement au développement du secteur émergent de la sous-traitance aéronautique. Par ailleurs, le gouvernement affiche clairement son ambition d'en faire un des piliers du Plan Emergence.

Toutefois, cet engouement pose le problème de la formation. Fin juillet 2007, le secteur aura besoin de plus 250 opérateurs qualifiés. Ce constat a été relevé lors des premières Assises nationales de la formation professionnelle (cf. www.leconomiste.com). Plusieurs initiatives ont déjà été lancées pour y remédier (cf. www.leconomiste.com). Dernière en date: la création d'un centre de formation, dont le démarrage est prévu début 2007 et qui permettra la qualification d'environ 300 techniciens supérieurs, d'un niveau bac+2, dans les différents métiers de l'aéronautique: assemblage, composite, mécanique de précision. L'aéronautique compte actuellement 27 entreprises, dont 9 centrées à 100% sur l'activité et 3 entre 50 et 100%. Selon une étude réalisée entre avril et juin 2005 par le cabinet d'études Lexus, le secteur emploie 1.900 personnes directement.

Les exportations sont estimées à 264 millions de dirhams et l'investissement à 500 millions. Il s'agit d'un secteur jeune (70% des entreprises ont moins de 5 ans) et qui tend à devenir, du fait de la variété des métiers représentés, un véritable «pôle aéronautique».

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