L'aéronautique au centre des assises de la formation professionnelle


Par L'economiste, le 2 Novembre 2006


A fin juillet 2007, le secteur de l'aéronautique aura besoin de plus 250 opérateurs qualifiés. Ce constat a été relevé lors des premières assises nationales de la formation professionnelle (le 31 octobre et le 1er novembre 2006). Il s'agit là d'un exemple de défi à relever par le secteur de la formation professionnelle pour accompagner la réalisation du plan Emergence.
A travers ce programme, les pouvoirs publics cherchent à améliorer la compétitivité du tissu industriel, et par conséquent à relancer la croissance de l'économie nationale nécessaire pour faire face à la problématique de l'emploi. Huit secteurs sont donc ciblés par ce programme dans lesquels le Maroc dispose d'un avantage comparatif. Il s'agit des secteurs concernant l'offshoring et la sous-traitance industrielle. Mais la mise en œuvre de ce programme ambitieux a permis d'identifier des besoins énormes en compétence dans les nouveaux métiers mondiaux.

Pour cela, «nous avons entrepris, en partenariat avec les professionnels concernés, la réalisation d'études qui intéressent, dans une première étape, les métiers des industries aéronautiques et automobiles», a précisé le Premier ministre dans son message adressé aux participants lors de cette manifestation. Pour le secteur de l'aéronautique, ces démarches ont abouti à la création d'un centre de formation dont le démarrage est prévu début 2007. Pour Benbarhim El Andalousssi, PDG de Safran Maroc, ce centre est le fruit d'un travail de partenariat entre le département de la formation professionnelle et GIMAS (groupement industriel marocain en aéronautique et spatial).

Cet établissement va permettre la formation entre 250 et 300 techniciens supérieurs, d'un niveau Bac+2, dans les différents métiers de l'aéronautique: assemblage, composite, mécanique de précision. Pour lui, le secteur qui est en plein essor a amplement besoin de ce personnel qualifié. A ce propos, il convient de noter également une forte demande en ingénieurs que les écoles nationales n'arrivent pas à satisfaire jusqu'à présent. Cette pénurie touche particulièrement certains créneaux comme les études, le design, la conception et les nouvelles technologies qui sont aussi sous-traitées.

A cela s'ajoute une forte mobilité qui aggrave davantage la situation dans le secteur. D'où la nécessité de faire augmenter l'offre de formation. D'autre part, l'activité de l'aéronautique exige une culture et des valeurs pour atteindre la qualité et l'excellence. Et le personnel doit être également dotée d'aptitudes dans le domaine de la communication en langues française et anglaise. Ce problème de maîtrise des langues est aussi rencontré dans les branches de l'offshoring. En effet, le niveau de français est l'un des premiers critères de sélection dans ce secteur. Les entretiens de recrutement montrent que le niveau n'est pas homogène selon les écoles. Et pas toujours en adéquation avec les besoins, ce qui conduit à éliminer un candidat sur quatre en moyenne.


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