Sfax-Thyna: une nouvelle plate-forme aéroportuaire ultramoderne


Par www.lapresse.tn, le 4 Février 2007

On le disait moribond, désuet, inadapté au trafic passager, aujourd’hui saturé, le vieil aéroport va prendre une retraite bien méritée pour laisser place au nouvel aéroport. En effet, les travaux ont avancé à 70% et il pourrait ouvrir ses portes au courant du deuxième semestre de cette année. Alors que le premier coup de pioche remonte au 8 novembre 2005, soit au lendemain de la décision présidentielle de porter la capacité de Sfax-Thyna à un demi-million de passagers, sa construction n’a pas pris de retard.



Force serait de reconnaître les efforts déployés par l'OACA pour maintenir en activité une infrastructure aéroportuaire composée de sept aéroports d'envergure et pour être en totale conformité avec les normes et standards internationaux d'exploitation des aéroports. En un laps de temps très court, ce qui est une première en Tunisie, Tunis-Carthage a été doté d'un deuxième terminal et voilà que celui de Sfax voit carrément les anciens locaux remplacés par une plate-forme moderne.

En effet, l'aéroport de Sfax-Thyna (AIST) qui dessert la deuxième ville commerciale de Tunisie et ses environs et qui se trouve dans une plate-forme civile-militaire, a traité, en 2006, 74.000 passagers. Son trafic est à majorité international régulier.

Cependant, dans son état actuel, il est sous-exploité car il est désuet.

Pour organiser les flots de personnes, c'est un vrai calvaire et c'est cette sensation de promiscuité qui «met mal à l'aise les voyageurs», souligne le commandant de l'aéroport qui a déjà piloté le projet de Djerba-Zarzis. 
 
Des compétences tunisiennes 

A l'origine une base aérienne militaire, l'aéorogare de Sfax-Thyna, qui opère depuis 1981 en mixte, a connu plusieurs extensions et aménagements dont les plus importants demeurent l'aménagement et le remodelage de l'aérogare passagers en 1988, le renforcement et l'extension de la piste de décollage en 1989, la construction d'une aérogare fret en 1996, la mise en service de nouvelles infrastructures (hangar, taxiways, parking avions, etc.), la réhabilitation et le renforcement de la piste 15/33, et enfin la construction d'une nouvelle tour de contrôle et d'un bloc technique.

Le projet en cours consiste en la construction d'une aérogare de 8.000 mètres carrés, composée de trois bâtiments, à savoir une zone de départs, une zone d'arrivée et un hall d'accueil pour le public, en plus des bureaux des compagnies aériennes, des banques et des autres services nécessaires à même de garantir le bon fonctionnement de cette infrastructure.

Il s'agit donc de remplacer une infrastructure désuète et inadaptée à l'accueil par une plate-forme innovante, en termes de localisation, d'environnement et de performances. Soit doter la ville de Sfax d'un aéroport qui ambitionne de devenir un site international incontournable et élargir ses activités aux passagers des régions avoisinantes. D'un coût global de 16 millions de dinars, le nouvel aéroport, dessiné et réalisé par des compétences tunisiennes, est surtout conçu pour être le plus fonctionnel possible. Sa vocation internationale répond à la croissance du trafic aérien induit par une demande sans cesse grandissante. Il est de ce fait une solution immédiatement opérationnelle au problème du transport aérien dans la région mais il serait appelé aussi à réduire la pression sur l'aéroport Tunis-Carthage, l'aéroport de Monastir et redonner souffle à des moyens portuaires et logistiques jadis prévus pour les besoins des locaux. Dans un premier temps, cet aéroport disposera d'une capacité d'accueil de 500.000 passagers.

Il faut l'admettre, l'OACA a donc misé fort sur l'aéroport de Sfax-Thyna. Une enveloppe globale de 25 millions de dinars lui a été consacrée pour lui donner un coup de lifting total (tour de contrôle, piste et aérogare).

Côté équipements, la zone de départs comportera dix comptoirs d'enregistrement avec acheminement automatique des bagages, huit filtres police et douane et une salle d'embarquement avec trois postes au sol, d'une capacité totale de 500 passagers. L'on peut ainsi traiter trois vols en même temps. La zone d'arrivées comporte huit bureaux de contrôle police, la zone bagages équipée de deux tapis roulants en plus de huit bureaux de douane. A l'entrée de l'aérogare, un parking pour abriter 750 voitures et 14 bus fera le bonheur des visiteurs qui souffraient le martyre auparavant pour trouver une place.

Après les lancements difficiles des nouveaux aéroports de Tabarka et Tozeur, les responsables se veulent prudents et il n'est pas question de brader l'aéroport ou de l'inclure pour le moment dans la politique du ciel ouvert. Pour le faire fonctionner convenablement, toute une stratégie sera mise en pratique, telle que la prospection des compagnies aériennes à la recherche de petits aéroports.

En effet, alléchées par un filon qui conforte leur développement économique, les compagnies aériennes cherchent désormais les petits aéroports de moindres coûts, de moindre immobilisation au sol des avions et où l'on peut bénéficier d'un traitement de faveur. D'où la confiance des responsables quant à une exploitation optimale du site dès sa mise en œuvre. En effet, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), le trafic aérien international des passagers connaîtra une évolution annuelle moyenne de 6% pour la période allant de 2004 à 2008. Pour la destination Europe-Afrique, le taux de croissance annuel moyen du trafic sera de 5,5% entre 2004 et 2008, contre 7,2% en 2004. L'offre du transport international sur la Tunisie est forte puisque 91 compagnies aériennes étrangères touchent la Tunisie. Sur la seule Europe, on dénombre 281 vols hebdomadaires.
De plus, les études de faisabilité ont démontré qu'environ 600.000 billets d'avion sont vendus chaque année dans le gouvernorat de Sfax, ce qui représente un potentiel de 1.200.000 voyageurs par an. Dans l'état actuel, 5% seulement de ces passagers effectuent leur départ à partir de Sfax, soit l'équivalent de 60.000 passagers!Un potentiel qui sera ravi de rentrer directement chez soi sans passer des heures de route bagages à main après un vol épuisant.


Mots clés : aeroport sfax tunisie

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