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Par AFP le Mercredi 28 Novembre 2007

Galiléo verra le jour, GPSIII aussi



Il verra finalement le jour. Le système de guidage par satellites européen Galileo est désormais sur la rampe de lancement. Il était temps : avec près de 5 ans de retard, il risquait l’abandon pur et simple, la prochaine génération du GPS, son concurrent, étant désormais annoncée.


GPSIII
GPSIII
Les Etats-Unis, inventeurs du système de navigation par satellite GPS, se préparent à rétorquer au projet rival européen Galileo avec une nouvelle génération de GPS aux capacités décuplées, qui égalerait les avancées technologiques promises par le nouveau concurrent.

La mise en service opérationnelle de Galileo, annoncée pour fin 2012, devrait ainsi être talonnée par le lancement des premiers satellites GPS III, la plus importante évolution du système américain depuis son lancement dans les années 1990.

Comparé à l'actuel GPS (Global Positioning System), "les satellites GPS III offriront une meilleure navigation aux usagers civils et militaires grâce à plus de précision et plus de résistance aux tentatives de brouillage hostile" par des pays ennemis, explique le colonel David Madden, responsable de la branche GPS de l'armée de l'Air américaine, dans un entretien récent.

Le réseau sera progressivement mis en place en trois temps, avec un premier lancement de satellites "prévu fin 2013", et devrait à terme être composé d'une constellation de 32 satellites, selon le colonel Madden.

Les Etats-Unis comptent ainsi maintenir l'hégémonie de leur système, devenu une infrastructure indispensable autant sur le plan économique mondial que d'un point de vue militaire.
Né en 1986, le GPS, ou Navstar (Navigation Satellite for Time and Ranging), conçu par le Pentagone, permet de trouver avec précision une position sur n'importe quel point du globe.

Soutien crucial du commandement militaire américain, ce système est livré gratuitement par l'armée aux fournisseurs du service GPS qui le mettent à la disposition des organismes civils intéressés (transporteurs routiers, maritimes ou ferroviaires).
Les Etats-Unis ont déjà procédé à une première modernisation de leur système, avec l'envoi depuis fin 2006 de satellites de nouvelle génération, dotés d'une meilleure qualité de signal, d'une deuxième fréquence dédiée aux usagers civils et d'une précision de localisation de l'ordre de "quelques mètres", selon l'un des fabricants, le groupe américain Lockheed Martin.

Mais le GPS III promet de nouvelles avancées, avec un pouvoir de transmission 500 fois supérieur à celui du système actuel, permettant de renforcer considérablement sa résistance au brouillage, et une précision d'un mètre, comme le système Galileo, selon le site internet spécialisé dans la défense, Globalsecurity.org.
Autre amélioration: à l'origine, les données transmises par les militaires du Pentagone aux organismes civils étaient volontairement altérées, affectant leur précision. Mais la Maison Blanche, qui avait déjà suspendu l'utilisation de cette fonction en 2000, a annoncé en septembre que le nouveau système n'inclurait pas de telle "capacité de dégradation".
Alors que les Européens viennent à peine d'esquisser une solution à la question du financement de Galileo, qui vise à les rendre indépendants du système américain GPS, les Etats-Unis font avancer leur nouveau projet.

L'armée de l'Air américaine a lancé en juillet un appel d'offres pour le développement et la production d'une première tranche de huit satellites GPS III, pour un montant de 1,8 milliard de dollars.
Les géants américains Lockheed Martin et Boeing sont tous deux dans la course, et attendent une réponse "début 2008", selon un porte-parole de Lockheed, Steve Tatum.
L'armée de l'Air américaine vient par ailleurs d'attribuer mi-novembre deux contrats de 160 millions de dollars chacun aux groupes Northop Grumman et Raytheon, pour développer la partie "au sol" du programme de GPS nouvelle génération (stations de contrôle et antennes).



Mots clés : galileo, gps