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L'Office National Des Aéroports sous les feux de la cour des comptes


Par Aeronautique.ma, le 31 Mars 2010



L'Office National Des Aéroports sous les feux de la cour des comptes
C'est sur une soixantaine de pages que le rapport de la cour des comptes a présenté les dysfonctionnements relatifs à la gestion de l'Office National Des Aéroports (ONDA). Les Magistrats de la cour ont fait ressortir, en plus d'un abus de marchés par entente directe, plusieurs mauvais agissements de l'ex-directeur général de l'ONDA, Mr Abdelhanine Benallou.

Par rapport aux marchés, la cour des comptes a démontré que l'ONDA a un recours excessif et non justifié au mode négocié qui a concerné 31% des marchés passés durant la période 2003-2007. Les chefs d’exceptions fréquemment avancés pour conclure ces marchés, à savoir l’urgence impérieuse et la nécessité technique ne sont pas toujours justifiés et le rapport donne plusieurs exemples de marchés passés dans ces conditions.

Côté commandes, il a été constaté que l’ONDA s’adresse à un nombre très limité de fournisseurs qui bénéficient d’une part importante des bons de commandes. Ainsi, en 2007, 20 fournisseurs, soit 2% d’entre eux se sont vus adjuger la moitié des commandes. De plus, plusieurs sociétés fréquemment consultées appartiennent à la même personne!!

Plusieurs anomalies ont été aussi constatées au niveau du système de contrôle interne. Ainsi, plusieurs cas de manipulation informatique de la paie ont été détectés dont le plus frappant est celui d'un agent qui a bénéficié d’un avancement irrégulier par bonification lui permettant de passer du grade C3 au grade C7, en l’absence de décision du directeur général. Cette seule irrégularité a causé à l’office une perte d’environ 133.602,50 DH que l’intéressé s’est engagé à rembourser. S'ajoute à cela d'autres cas d'avancement irrégulier, d'octroi irrégulier de la prime de performance à certains cadres, de cadres dont l'authenticité des diplômes n'a pas été contrôlée.

Le devoir de service exclusif qui n’apparaît pas dans la charte d’éthique de l’ONDA est mentionné dans l’article 83 du statut du personnel qui dispose « qu’il est interdit aux agents de l’office d’exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit ». Cependant, il a été constaté que certains hauts responsables de l’Office ne respectent pas ces devoirs déontologiques. Les investigations menées ont révélé que ces responsables étaient fondateurs, gérants ou associés, directement ou à travers des membres de leurs familles, dans plusieurs sociétés dont certaines ont eu des transactions, directes ou indirectes, avec l’Office. Le rapport donne une liste de sociétés dans cette situation.

Par rapport aux mauvais agissements de l'ex-directeur de l'ONDA, le rapport a révélé que Mr Benallou a profité d'un séjour familial en hôtel pendant sept nuits coïncidant avec le nouvel an pour un total de 62.670 DH à la charge de l’Office. Il a fait des achats d’articles de luxe (sacs de diverses marques, cigares, parfums) en Duty free à la charge de l’Office pour un montant de 607.039,30 DH. Il a fait, entre décembre 2003 et décembre 2004, l'achat d’une quantité exagérée de cadeaux de luxe (cartables de marque, sacs de golf, articles en argent, porcelaine et en cristal…) dont la matérialité et l’affectation n’ont pas pu être déterminées. Le montant global payé pour ces articles de cadeaux s’élève à 2.388.860 DH. Mr Benalllou a aussi procédé à la vente à soi même et à autrui de lots de terrain de l’ONDA à Ifrane. Finalement, l'ex-directeur a bénéficié d’une « indemnité » mensuelle et forfaitaire pour frais de déplacement au Maroc dont le montant a été de 9.600 DH/mois de 2005 à 2007 et de 12.000 DH/mois après 2007. Or, cette indemnité ne correspond pas à des déplacements effectifs et constitue un complément de salaire indu.

Le rapport comprend aussi quelques pages où le principal intéressé, l'ex-directeur, tente de se défendre. Les explications présentées ne sont pas toujours convaincantes.

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